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Jean-Baptiste Lemoyne ouvre le forum d’affaires Ambition Africa 2018 (Paris, 22 octobre 2018)

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Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, a ouvert le lundi 22 octobre le forum d’affaires Ambition Africa 2018, aux côtés de Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’économie et des finances.

Evoquant le destin commun des continents européen et africain qui font face, de part et d’autre de la Méditerranée, à des défis majeurs tels que le réchauffement climatique ou la recherche d’un développement durable et inclusif, le secrétaire d’Etat a encouragé les entreprises françaises à faire le pari de l’Afrique, alors qu’un tiers seulement des entreprises exportatrices françaises se tournent actuellement vers le continent. Le secrétaire d’Etat a appelé les entreprises à tirer pleinement profit de la réforme du dispositif de soutien à l’export des entreprises afin de faire de l’Afrique un élément clé de leur stratégie d’internationalisation. Evoquant le récent déplacement du ministre en Côte d’Ivoire, à l’occasion duquel a été inauguré le « hub de l’éducation » de Yamoussoukro, il a par ailleurs souligné l’importance et le dynamisme de la formation des jeunes africains.

Le secrétaire d’Etat a également participé à la table ronde d’ouverture Sambiou Wague, ministre de l’énergie et de l’eau du Mali, Amadou Koné, ministre des transports de Côte d’Ivoire, ainsi que Christophe Lecourtier, directeur général de Business France, et Remy Rioux, directeur général de l’Agence française de développement.

Le secrétaire d’Etat a également saisi cette occasion pour convier les acteurs économiques au prochain sommet Afrique-France qui aura lieu en 2020 sur le thème de la ville durable.

Organisé par Business France sous l’égide du ministère de l’Europe et des affaires étrangères et du ministère de l’économie et des finances, placé sous le haut patronage du Président de la République, le forum Ambition Africa 2018 est la première édition d’une rencontre entre entrepreneurs africains et français qui a vocation à se tenir annuellement. Plus de 700 participants français et africains, venus de l’ensemble des régions du continent, se réunissent à l’occasion de tables rondes thématiques et sectorielles et d’un millier de rendez-vous d’entreprise à entreprise. Environnement des affaires, financement des PME, mobilité urbaine, accès à la santé, nouveaux usages de la technologie, formation professionnelle, rôle de la diaspora africaine : ce sont autant de thématiques qui seront traitées au cours de ces deux journées consacrées aux liens économiques entre l’Afrique et la France, tandis que les rendez-vous permettront aux entreprises d’évoquer des projets concrets, et nouer des partenariats durables.

Didier Acouetey : « L’Afrique va beaucoup apporter au renouveau universel »

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DÉCRYPTAGE. Le président du cabinet de ressources humaines AfricSearch scrute depuis plus de vingt ans l’Afrique dans ce qui fait sa force : les hommes et les femmes dans l’entreprise.PROPOS RECUEILLIS PAR MALICK DIAWARA

Alors que la présence de la Chine ne cesse d’inquiéter les anciens partenaires privilégiés des pays africains, que ceux-ci à l’image de la France essaient de réagir avec une conférence comme Ambition Africa organisée par Business France ces 22 et 23 octobre à Paris, l’Afrique continue ses mues. Elles sont politiques, économiques, sociales, culturelles et digitales. Au-delà du changement de paradigme induit, il s’agit désormais pour tous, non-Africains mais aussi Africains, sur le continent et en diaspora, d’utiliser la bonne grille de lecture pour tirer profit d’un environnement complexe dont les acteurs veulent plus que jamais compter dans la nouvelle donne économique internationale. En observateur averti, Didier Acouetey pose un diagnostic précis de l’Afrique et esquisse des pistes de réflexion qui devraient lui permettre de faire la différence. Entretien.

Le Point Afrique : Quelles sont, selon vous, les transformations importantes qui ont marqué l’Afrique ces dernières années ?

Didier Acouetey : L’Afrique a été marquée positivement par plusieurs transformations ces dernières années. L’industrie numérique et des technologies de l’information a été un domaine qui a influé sur le continent avec des effets directs sur d’autres secteurs, comme celui de la finance. L’exemple du mobile money, tel que M-Pesa au Kenya, en est une parfaite illustration. Les transactions via M-Pesa équivalent à 50 % du PIB du Kenya. Parmi les autres éléments de transformation, on peut aussi noter les politiques économiques structurelles qui visent à produire et à transformer davantage les ressources naturelles en Afrique avec des processus que l’on constate dans les secteurs comme l’agroalimentaire et le bois, notamment.

Le développement important à venir de la classe moyenne, accompagné de l’explosion urbaine, avec plus de 1 milliard d’Africains qui vivront dans les villes d’ici à 2050, modifie la structure des villes et les modes de consommation. Cela a incité également les États à investir plus massivement dans les infrastructures, comme les routes, les ports, les nouveaux aéroports, etc. De ce point de vue, l’arrivée en force de la Chine sur le continent africain a marqué une rupture dans la façon dont l’investissement était conçu en Afrique jusqu’à présent. Ces transformations n’ont pas permis, en revanche, de réduire le chômage massif des jeunes, d’améliorer la gouvernance politique et d’augmenter la part de l’Afrique dans l’économie mondiale.

Avec votre cabinet de ressources humaines, vous avez ouvert la voie au recrutement de cadres, d’origine africaine ou pas, pour de grandes entreprises du continent. Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut s’y installer ?

En effet, la création du cabinet AfricSearch, en 1996, a permis de favoriser le retour de nombreux diplômés et cadres africains sur le continent et d’offrir une meilleure visibilité au marché de l’emploi et à ses besoins. L’Afrique étant plurielle et en pleine transformation, il est important d’analyser les réalités des pays sur le plan économique et structurel afin de modérer les attentes, en particulier sur le plan salarial, et de garder un peu de modestie sur le plan social. L’effet « messianique » du diplômé qui retournait en Afrique ne fonctionne plus. Il y a en revanche beaucoup d’opportunités dans de nombreux secteurs qui ne demandent qu’à être saisies par ceux qui ont l’esprit entrepreneur.

Il y a au moins deux choses qu’on peut faire quand on s’installe en Afrique : soit travailler pour le compte d’une entreprise, soit entreprendre soi-même. L’univers du travail africain a-t-il des particularités qu’il convient de connaître pour réussir son insertion professionnelle ?

Selon que l’on travaille dans une PME ou une grande entreprise internationale, le système de management peut se révéler extrêmement différent. Centralisé dans le premier cas, avec une gestion qui repose sur un seul homme, à savoir le dirigeant. Il est très difficile de prendre des initiatives dans ce contexte. Dans le deuxième cas, les entreprises de plus grande taille, un processus de décision informel, hors relations hiérarchiques, est parfois celui qui régit le fonctionnement de la société. Il convient d’en avoir connaissance pour savoir où sont les leviers de décision. Par ailleurs, dans certaines entreprises où les systèmes d’information n’existent pas, l’accès à l’information peut se révéler extrêmement difficile pour comprendre le fonctionnement de la société et prendre des décisions.

L’une des réalités du monde économique africain, c’est l’importance du secteur informel. Comment faut-il appréhender cette réalité quand on vient s’installer en tant qu’entrepreneur ?

Le secteur informel représente en effet une très grande partie du monde de l’entreprise dans beaucoup de pays en Afrique. Il représente entre 70 et 80 % du PIB des pays, selon des données de la Banque mondiale. Pour l’appréhender, il est essentiel d’en comprendre quelques-unes des caractéristiques. Le niveau d’éducation y est généralement faible. L’accès au financement formel est quasi impossible ; ces entreprises du petit informel ont recours au marché du crédit non officiel, où les taux d’intérêt sont onéreux. L’utilisation des technologies de l’information et de la communication est limitée. Ces entreprises sont pour la plupart concentrées dans les mêmes secteurs d’activité que les entreprises du gros informel, comme le commerce, l’artisanat, le transport et les marchés de produits de consommation divers. Elles vendent des produits de faible qualité à des microentreprises et à des ménages à faibles revenus dans un marché hautement concurrentiel. Les employés qui y travaillent ont également un faible niveau d’éducation compte tenu des conditions de travail proposées, des bas salaires et de l’absence de protection sociale. En plus de ces contraintes, il y a quand même une fiscalité « informelle » qui s’applique à ce secteur. Par conséquent, celui qui se lance dans un secteur où beaucoup d’entreprises informelles sont présentes doit bien affiner son modèle économique pour réussir.

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Bénin : l’école Epitech implante son premier campus africain à Sèmè City

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Le réseau d’école d’informatique français va ouvrir un établissement dans la ville intelligente de Sèmè City au Bénin. Les inscriptions ouvriront le 6 octobre pour une rentrée en février 2019.

Le premier campus africain du réseau français d’école d’informatique, Epitech, sera béninois. Il sera installé dans les locaux de l’écosystème Sèmè City, partenaire du projet qui a nécessité un investissement d’environ 500 000 euros. Développée sous la forme de franchise, l’école proposera un cursus anglophone de trois ans. Les inscriptions seront lancées le 6 octobre prochain.

Stages de quatre à six mois

Le projet est porté par Ouanilo Medegan, lui-même diplômé d’Epitech Paris en 2007, devenu chargé de mission auprès de la Présidence béninoise, en charge du numérique et de la sécurité numérique. Dès février 2019, 30 à 35 étudiants feront leur rentrée pour une année décalée qui prendra fin en octobre 2019, période durant laquelle ils débuteront un stage en entreprise d’une durée de quatre à six mois.

Sur ce sujet, les équipes d’Epitech Bénin multiplient les rendez-vous avec des entreprises prêtes à accueillir des stagiaires, comme Open SI, spécialisé en transformation digitale ou Comtel Technologies, un fournisseur de solutions technologiques.

BIEN QU’ELLE AIT ÉTÉ RÉDUITE PAR RAPPORT AUX PRIX FRANÇAIS, L’OFFRE BÉNINOISE A NÉANMOINS UN COÛT.

Bien qu’elle ait été réduite par rapport aux prix français, l’offre béninoise a néanmoins un coût : 2 000 000 de francs CFA (environ 3 000 euros) pour les frais de scolarité des deux premières années et 2 500 000 de francs CFA pour la troisième (environ 3 800 euros). Pour pouvoir rendre l’école plus accessible, un système de bourse au mérite sera mis en place et certains étudiants pourront bénéficier d’un soutien financier de la part des fondations d’entreprises qui les accueillent en stage.

Sélection drastique

« Nous commençons avec une promotion sélectionnée rigoureusement afin de leur prêter le maximum d’attention », explique Ouanilo Medegan, qui n’en est pas à sa première implantation d’école, puisqu’il a déjà participé à l’installation d’Epitech en Chine.

Les sélections se feront en deux temps. La première phase sera rythmée par plusieurs journées de recrutements au cours desquelles les candidats seront soumis à des tests et exercices. L’objectif pour l’équipe d’Epitech : observer les comportements et détecter les candidats qui seront à même de s’adapter à la pédagogie de l’école.

NOUS VOULONS FORMER DES ÉTUDIANTS RIGOUREUX, QUI SAVENT APPRÉHENDER LA LOGIQUE DE N’IMPORTE QUEL LANGAGE INFORMATIQUE. »

Pédagogie inversée

Co-fondée en 1999, par Nicolas Sardignac, parti depuis lancer l’école 42 avec l’entrepreneur français Xavier Niel, le réseau d’École pour l’informatique et les nouvelles technologies (Epitech) est en effet à l’origine de la pédagogie dite « inversée » adoptée depuis par de nombreuses écoles de code informatique. Celle-ci invite les étudiants à apprendre par eux-mêmes en résolvant des cas en équipe. « Nous voulons former des étudiants rigoureux, qui savent appréhender la logique de n’importe quel langage informatique. Pour cela ils sont soumis à des problèmes qu’ils doivent résoudre eux-mêmes, sans professeurs pour les guider », détaille Ouanilo Medegan.

Le réseaux compte 17 établissements, implantés dans six pays. Ouanilo Medegan, qui apporte son expérience mais n’est pas salarié du réseau Epitech, laissera la main à Johanne Bruffaerts, fondatrice des Alchimistes, une entreprise parisienne spécialisée dans la formation à l’économie sociale et solidaire, qui est charge du développement et de la communication de l’école et Emmanuel Solomo, un ancien d’Epitech. À terme, tous espèrent pouvoir proposer aux étudiants béninois, la poursuite des cursus en master 1 et 2 à Paris.

Transport routier : au Burkina, chauffeurs et transporteurs enterrent la hache de guerre

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Le gouvernement burkinabè a annoncé lundi la levée de la suspension qui pesait contre l’Organisation des transporteurs routiers du Faso (Otraf) et l’Union des chauffeurs routiers du Burkina (UCRB). La sanction avait été prononcée le 28 août, suite à une pénurie de carburant engendrée par le conflit des deux entités.

Prévue initialement pour trois mois, la suspension des activités de l’OTRAF et de l’UCRB a été finalement levée lundi 17 septembre par le Premier ministre Paul Kaba Thiéba, après trois semaines d’application. L’exécutif burkinabè explique sa décision par l’accord de conciliation entériné entre les deux frères ennemis sous l’égide du Haut conseil pour le dialogue social, présidé par le chercheur à la retraite, Jean-Marc Palm.

La sanction avait été prononcée le 28 août dernier, alors que le pays était en proie à une pénurie de carburant causée par cinq jours de grève des chauffeurs affiliés à l’UCRB. Ces derniers réclamaient la démission du président de l’Otraf, El Hadj Issoufou Maiga, par ailleurs président de la Société de transports et de commerce du Faso (Sotracof), une entreprise de 500 camions qui a réalisé 7,4 milliards de francs CFA (plus de 11 millions d’euros) de chiffres d’affaires en 2017, l’accusant d’utiliser sa fonction au profit de son entreprise. Un partage équilibré du fret et de meilleures conditions de travail faisaient aussi partie des mots d’ordre.

D’après les transporteurs, le manque à gagner dû à ce mouvement s’élève à plus de 10 milliards de F CFA.

Un secteur à 85 % informel

« L’État a pris l’engagement de revoir à la hausse la grille salariale des chauffeurs ainsi que leur affiliation à la Caisse nationale de sécurité sociale », a salué Brahima Rabo, président de l’UCRB, suite à l’intervention du Haut conseil pour le dialogue social. D’autres mesures comme l’instauration des bons de chargement dans les ports de Lomé, d’Accra et d’Abidjan ainsi que l’aménagement de parkings et d’aires de repos sont également prévues.

D’après nos  informations, l’accord interdit désormais à l’une des organisations d’interférer dans la gestion de l’autre. « Le présent accord met chaque entité à l’abri des troubles « , a déclaré à Jeune Afrique El Hadj Issoufou Maiga, président du principal syndicat professionnel routier, créé en 1995. « Au moment de la suspension, nos membres étaient à l’abandon, sans repère. Nos bureaux vont rouvrir permettant à nos 1 600 agents de reprendre leur activité », assure-t-il.

Le secteur du fret en direction du Burkina représente entre 4,5 et 6 millions de tonnes par an. Il est assuré par près de 5 000 entreprises locales, à 85 % sont informelles, exploitant un parc de 24 000 engins. Il s’agit pour la plupart de petites sociétés familiales disposant de deux ou trois camions hors d’âge – plus de 30 ans en moyenne. Une pléiade de nouveaux entrants mêlant fonctionnaires, retraités et commerçants a émergé dans le secteur des transports suite à la crise ivoirienne qui a favorisé l’essor du secteur informel.

« De la place pour tous »

Parmi les acteurs locaux de plus grande envergure, ou peut citer, outre la Sotracof, Kanazoé Frères, de l’homme d’affaires Inoussa Kanazoé, qui compte un millier de camions, ou encore Cotradis. Fondée en 2012 et dirigée par Abdoul Kader Yada, 44 ans, un ingénieur-électricien qui est passé chez Mobil Oil, Cotradis a connu une croissance rapide au cours des cinq dernières années : la société a vu son chiffre d’affaires bondir de 1,5 milliard de F CFA en 2013 à plus de 8 milliards en 2016. Avec près de 300 collaborateurs, elle réalise 70 % de ses activités au Burkina Faso, son principal marché. Elle compte parmi ses clients la mine de zinc de Perkoa (Burkina), aux réserves estimées à 6,3 millions de tonnes et détenue par le suisse Glencore, et la filiale burkinabè du marocain Ciments d’Afrique.

En outre, au moins 1 000 camions étrangers entrent quotidiennement au Burkina par les postes frontaliers de Cinkansé, Dakola, Ouessa,Niangologo, Fo ou encore Nadiagou.

Mais pour El Hadj Maiga, « on ne peut pas vraiment parler de monopolisation : nous aurions besoin d’un parc de 100 000 camions pour assurer convenablement l’approvisionnement du pays ainsi que la distribution des produits dans les villes de l’intérieur », estime-t-il.

La Fondation Tony Elumelu lance la plus grande plateforme numérique au monde pour les entrepreneurs africains au Forum TEF 2018

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La Tony Elumelu Foundation, la plus importante philanthropie en Afrique, lance la plus grande plateforme numérique au monde pour les entrepreneurs africains et l’écosystème africain de l’entreprenariat – TEFConnect.

TEFConnect sera officiellement inauguré au Forum TEF de cette année, qui aura lieu le 25 octobre 2018, au Federal Palace Hotel, à Lagos, au Nigéria.Exploitant et s’appuyant sur le plus grand catalyseur de l’entrepreneuriat en Afrique, Programme d’Entreprenariat de Tony Elumelu (TEEP), qui a attiré plus de 300 000 entrepreneurs africains en tant que candidats et formé et financé 4 460 personnes, la TEFConnect est une plate-forme à source libre qui fournira des outils et du contenu sur mesure pour catalyser le développement commercial de millions de personnes sur le continent, grâce à la technologie et au contenu directement applicable.

Positionnée comme «Facebook pour les entrepreneurs africains», la plate-forme TEFConnect est un espace de création d’entreprise contemporain, intuitif, informatif et convivial, offrant cinq avantages spécifiques à ses utilisateurs, notamment:

  • Le domestique numérique polyvalent pour les acteurs de l’écosystème de l’entrepreneuriat, y compris les entrepreneurs, les incubateurs, les investisseurs, les universités et le secteur privé, fournissant des nouvelles, des ressources informatives, des événements et des opportunités d’entrepreneuriat.
  • Créer un espace permettant aux entrepreneurs africains d’effectuer des transactions à travers les pays et les régions dans le plus grand marché numérique africain, avec un trafic atteignant des millions de consommateurs.
  • Accès à des outils commerciaux gratuits tels que des calculateurs de planification financière, des générateurs de plans d’affaires et des modèles marketing.
  • Accès au formulaire de candidature au programme d’entrepreneuriat de la Fondation, à la boîte à outils d’entreprises et au mentorat professionnel des chefs d’entreprise mondiaux.
  • Permettre aux entrepreneurs de promouvoir leurs entreprises auprès d’investisseurs potentiels et d’autres entrepreneurs pour une collaboration transfrontalière.

S’exprimant sur le lancement de TEFConnect, le PDG de la Fondation, Parminder Vir OBE, a déclaré: ‘La Fondation Tony Elumelu a simplement pour objectif de responsabiliser les entrepreneurs africains. D’abord, nous avons lancé le programme d’entreprenariat TEF, qui a permis à 10 000 entrepreneurs africains d’avoir, pendant 10 ans, un capital de départ, un mentorat et une formation. Ensuite, nous avons convoqué l’écosystème entrepreneurial complet du Forum TEF pour former un dialogue et des discussions délibérées afin de changer le récit de l’Afrique. Maintenant, nous augmentons l’échelle de notre impact en connectant l’écosystème de l’entrepreneuriat africain sur une plate-forme unique’.

Le fondateur de la Fondation Tony Elumelu, Tony O. Elumelu, CON a également déclaré: «En quartre ans, depuis le lancement du TEEP, nous avons montré que l’esprit d’entreprise pouvait changer un continent – nous avons investi dans les personnes et les processus. Nous avons déjà aidé à créer des succès commerciaux et à amener les décideurs politiques dans la dynamique entrepreneuriale. Mais à bien des égards, nous ne faisons qu’effleurer la surface. Cette année, nous élargissons notre champ et nous abordons la question de l’interaction de plus en plus fréquente – le domaine numérique. En connectant les entrepreneurs africains à travers le monde sur TEFConnect, nous libérons davantage le véritable potentiel de nos entrepreneurs et transformons le continent ».

Le 4ème Forum du TEF convoquera l’écosystème entrepreneurial africain, y compris la communauté des investisseurs, le gouvernement et les décideurs, les principales organisations de développement, les représentants du secteur privé, les médias et les partenaires.

Le forum de cette année offrira également un dialogue interactif entre le président du Ghana, SE Nana Akufo-Addo et le président du Kenya, SE Uhuru Kenyatta, modéré par le fondateur du TEF, Tony Elumelu.

La plateforme de commerce électronique «Ecom@Africa» bientôt opérationnelle

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La plateforme de commerce électronique à l’échelle continentale «Ecom@Africa» visant à élargir l’horizon des entreprises africaines, verra bientôt le jour grâce au concours de l’Agence spécialisée des Nations unies pour le secteur postal.

Le directeur général de l’Union postale universelle (UPU), Bishar Hussein, a fait savoir lors du forum régional de télécommunication tenu récemment à Nairobi au Kenya, que la plateforme baptisée Ecom@Africa débloquerait le potentiel des entreprises africaines à l’échelle mondiale.

«Nous avons noté que l’Afrique traîne derrière dans la facilitation du commerce électronique dans le monde entier. Ainsi, la plate-forme offrira une opportunité au continent de rejoindre le reste du monde dans le commerce à forte croissance», a affirmé Hussein en marge de la 36ème session ordinaire du Conseil d’administration de l’Union postale panafricaine.

La plateforme Ecom@Africa« placera la poste comme une infrastructure logique pivot et un véhicule important pour l’inclusion sociale, économique, financière et numérique», a souligné Hussein, affirmant que le commerce électronique est l’avenir du commerce et des affaires mondiales et un chemin sûr pour la poste africaine de devenir une infrastructure nationale critique.

L’objectif principal de Ecom@Africa est de promouvoir les petites et moyennes entreprises (PME) au niveau local et international, bien que la plateforme soit utilisée par toutes les entreprises.

Dans ce cadre, L’UPU a développé une méthodologie standard et des règles d’engagement avec les gouvernements qui tiennent compte des environnements politiques, juridiques et réglementaires de chaque pays.

L’UPU a déjà identifié plusieurs pays comme centres clés pour lancer ce nouveau concept dans l’intention de les interconnecter éventuellement pour créer une zone de marché électronique au niveau continental. Les pays identifiés sont le Maroc, Kenya, l’Afrique du Sud, le Cameroun, la Côte d’Ivoire et la Tunisie.

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Start-up de la semaine : au Sénégal, MaTontine digitales prêts et assurances

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Des cotisations en ligne, via le mobile monnaie, mais aussi des micro-prêts et des produits d’assurance : c’est ce que propose la fintech lancée en 2016 au Sénégal par le Nigérian Bernie Akporiaye.

Le 29 août, la start-up sénégalaise MaTontine a reçu 5 000 dollars du MIT Legatum Center et de la fondation Mastercard dans le cadre du prix Zambezi pour l’innovation dans le domaine de l’inclusion financière remis à Nairobi, au Kenya, lors de l’Open Mic Africa Summit.

MaTontine était la seule entreprise francophone à figurer parmi les dix finalistes pour ce prix, ce qui attriste un peu son fondateur, Bernie Akporiaye. « Bien sûr qu’on est heureux d’avoir été retenus, mais en même temps, on ne peut que regretter l’absence des francophones dans ce genre de concours. Il faut dire que le seul fait de devoir remplir un dossier de candidature en anglais complique la tâche des entrepreneurs de cette zone. De plus, les mécanismes de régulation compliqués qui existent en Afrique francophone font un peu peur aux organismes internationaux, qui ont vite fait de juger peu attractives les entreprises qui y opèrent », confie-t-il.

JE VOULAIS ÊTRE DE CEUX QUI CONSTRUISENT LE FUTUR DU CONTINENT

Pour lui, postuler en anglais n’a pas été particulièrement contraignant : né au Nigeria en 1967, Bernie Akporiaye a grandi et étudié au Royaume-Uni, où il a décroché un master d’informatique de l’University of Strathclyde (Écosse) et a travaillé quatre aux États-Unis, dans le secteur des logiciels financiers, avant d’emménager à Dakar, en 2010, après son mariage avec une Sénégalaise.

2017, année blanche

Bernie a ensuite décidé de rester : « Vivre en Afrique correspondait aussi à un projet personnel. Je voulais être de ceux qui construisent le futur du continent », explique-t-il. La découverte du système traditionnel de tontines lui en donne la voie : « Les taux de défaut de paiement n’y sont que de 1 % à 2 % : les Africains se comportent très bien en matière financière. Pourtant, ils n’en sont pas récompensés par des crédits et des produits financiers accessibles« , constate-t-il.

En 2014, il décide donc de lancer une plateforme digitale proposant un système numérique de tontine ainsi que différents services de prêts et d’assurance. Les statuts de MaTontine sont déposés en 2015, et les activités démarrent en 2016. « Ça été une année de test, car on se demandait si les plus pauvres, qui constituaient notre cible principale, allaient adhérer à notre système et rembourser. En fait, on a eu 0% de défaut ! » relate-t-il.

Malgré ces débuts encourageants, les activités de MaTontine sont bloquées pendant toute l’année 2017 par décision du gouvernement. « Il y a un problème de régulation pour les fintechs, qui ne peuvent pas être assimilées aux banques ni aux institutions de microfinance », explique Bernie Akporiaye. La solution est trouvée grâce à un partenariat conclu avec Cofina en novembre 2017 et revu en août 2018 « avec des conditions bien plus avantageuses pour MaTontine », souligne l’entrepreneur.

Les femmes « plus prudentes »

« Les adhérents de la plateforme cotisent tous à une cagnotte en ligne, dont ils récupèrent à tour de rôle le montant. Leur comportement (la ponctualité de leurs paiements, etc.) nous permet de leur donner une note de crédit, à partir de laquelle nos partenaires pourront leur proposer de petits prêts ou des contrats d’assurance », explique le patron de l’entreprise, qui précise que l’utilisation du service de base est gratuite, la start-up se finançant via les commissions prélevée sur les prestations de ses partenaires (Cofina et Sunu Assurances).

« Nous ne sommes pas la première société de fintech qui propose des prêts et des tontines numériques. Notre spécificité est que nous utilisons les portables ancienne génération plutôt que les smartphones, et que 95 % de nos membres sont des femmes, pour lesquelles les chiffres de l’inclusion financière sont les pires, alors que toutes les études montrent qu’elles sont les plus prudentes », précise Bernie Akporiaye.

Matontine

Pour créer MaTontine, Bernie Akporiaye a investi avec sa sœur, Tosan Oruwariye, pédiatre et entrepreneure aux États-Unis, la somme de 500 000 dollars (430 000 euros), renforcée en 2017 par une première levée de fonds de 800 000 dollars, à laquelle ont notamment contribué le Consultative Group to Assist the Poor (CGAP,) le GSMA accelerator Fund ou encore la Fondation DRK. En attendant le résultat de la deuxième levée de fonds, actuellement en cours, Bernie Akporiaye et sa sœur se partagent le capital de leur entreprise à respectivement 51 % et 49 %.

La plateforme compte actuellement un millier d’adhérents et son cofondateur espère en avoir 4 000 et atteindre 340 000 dollars de chiffre d’affaires (292  000 euros) à la fin de l’année 2018. La start-up a notamment reçu en 2016 le 3e prix de l’entrepreneur social Orangeet figurait en 2017 parmi les 20 lauréats du Jambar Tech Lab.

Quand les freins deviennent des atouts

Après le Sénégal, Bernie Akporiaye a prévu d’implanter MaTontine en Côte d’Ivoire en 2019, au Mali en 2020, au Cameroun en 2021 et au Niger en 2022. La question « Pourquoi un Nigérian comme vous vise-t-il exclusivement des pays francophones ? » le fait sourire. « La création de l’entreprise au Sénégal, cela résultait des hasards de la vie, c’est là que je vivais suite à mon mariage. Mais je me suis aperçu que c’était une bonne stratégie : les anglophones, qui sont majoritaires sur le marché des fintechs, sont rebutées par la barrière de la langue et les multiples obstacles administratifs, la concurrence y est donc moindre », explique-t-il.

Le chef d’entreprise considère également la régulation commune à tout l’espace UEMOA comme un atout de taille : « Si nous arrivons à bien nous développer au Sénégal, cela marchera dans les huit pays de la zone », assure-t-il.

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Quand la mode irrigue les PME africaines

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Le wax, le pagne africain fait fureur depuis quelques années en France et dans le monde. Nombre de créateurs africains et européens s’en emparent. La marque Panafrica fondé par deux parisiens a eu l’idée d’en décorer les baskets. Un succès mondial pour cette marque qui fabrique en Afrique.

Il y a trois ans, Vulfran de Richoufftz, et son associé Hugues Didier, ont eu une idée flamboyante : utiliser le tissu wax pour décorer des baskets. « Là par exemple, je prends un modèle qui est notre modèle emblématique à Panafrica, qui est un derby avec trois œillets et des lacets écrus, montre Panafrica. Ce modèle est composé avec une toile wax qui est achetée à Abidjan, auprès d’Uniwax. On a un intérieur en coton blanc écru acheté à Bouaké dans une usine avec laquelle on travaille », détaille la marque.

Ces deux trentenaires, entrepreneurs dans l’âme, curieux et voyageurs, se passionnent pour le wax et ses possibilités. La mode du wax s’apprête à déferler sur Paris, et très vite leurs baskets séduisent. « Aujourd’hui nous avons des clients de tous horizons et c’est ce qui est agréable, c’est-à-dire que l’on crée des pièces « mode » pour des gens qui ont envie de porter une petite touche colorée sur leur tenue. Et la paire de chaussure s’y prête assez bien », estime-t-on.

Entre 25 000 et 30 000 paires produites

Aujourd’hui, trois ans après son lancement, Panafrica produit entre 25 000 et 30 000 paires de chaussures par collection. Le wax est acheté en Côte d’Ivoire à la société Uniwax, l’un des derniers fabriquant ivoirien. « Chez Uniwax on a accès à la salle des archives, on voit tous les anciens wax qui ne sont plus produits aujourd’hui. On peut voir certains tissus extrêmement rares que l’on ne peut plus trouver aujourd’hui. » Et d’ajouter « L’usine est prête à relancer ces modèles pour nous, pour que l’on crée des modèles. Et c’est assez sympa ! »explique-t-on avec enthousiasme chez Panafrica.

L’assemblage des chaussures est fait à Casablanca, au Maroc, dans une entreprise qui a embauché une trentaine de personnes pour répondre aux commandes. Et c’est l’une des particularités de cette société. 95 % de la valeur ajoutée créée reste en Afrique. « C’était une de nos démarches quand on s’est lancé. On s’est dit, quitte à acheter nos tissus en Côte d’Ivoire, notre coton au Burkina Faso ou au Bénin, il n’y a pas de logique à aller produire nos chaussures en Chine. Et donc pour nous cela n’avait pas de sens de faire une chose bien et de ne pas s’impliquer sur toute la ligne. »

Un commerce engagé

L’engagement commerce équitable fait partie de la démarche de Vulfran de Richoufftz. « Aujourd’hui nous avons formé une vingtaine de femme au Burkina Faso sur le tissage artisanal du coton qui est produit localement, explique le chef d’entreprise. On achète aujourd’hui toutes nos toiles à des prix supérieurs à ce qui se fait classiquement. Ce sont de vrais engagements de marque qui nous permettent d’avancer avec fierté. »

Panafrica ne vend pas seulement en Europe, la marque profite du boom des classes moyennes africaines pour développer son réseau de distribution sur le continent.

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La Grande Bretagne veut stimuler les technologies solaires innovantes en Afrique

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L’aide britannique soutient la croissance de sociétés de technologies solaires innovantes qui fournissent de l’énergie propre aux ménages en Afrique, a annoncé hier la ministre de l’Afrique, Harriett Baldwin, lors d’un déplacement de Theresa May la Première ministre au Nigeria. Environ deux tiers de la population en Afrique subsaharienne n’ont pas accès à l’électricité aujourd’hui.

Cette aides améliorera la vie de plus de 11 millions de personnes tout en stimulant les opportunités commerciales au Royaume-Uni. Environ deux tiers de la population en Afrique subsaharienne n’ont pas accès à l’électricité. Une technologie hors réseau innovante, telle que les systèmes solaires domestiques payants, peut fournir cette énergie indispensable.Cette technologie permet aux femmes de réduire leur besoin en énergie, aide les enfants à étudier le soir, stimule les petites entreprises qui peuvent fonctionner plus efficacement avec une alimentation fiable et réduit la nécessité d’utiliser des sources de carburant dangereuses et polluantes telles que le kérosène annonce la Ministre britannique.Pour stimuler les opportunités pour les entreprises sur ce marché en pleine croissance, l’aide britannique, par l’intermédiaire du Département du développement international, permet de :

  • soutenir les entreprises en phase de démarrage en Afrique pour concevoir des technologies solaires domestiques innovantes et pénétrer de nouveaux marchés grâce au fonds Africa Enterprise Challenge Fund. Ce programme aidera jusqu’à 1,5 million de pauvres en Afrique subsaharienne à avoir accès à une énergie moderne propre et abordable d’ici 2022, en mettant l’accent sur les femmes et les enfants ;  
  • utiliser l’expertise britannique pour aider les gouvernements à éliminer les obstacles à la croissance des entreprises solaires en Afrique et jeter les bases dans 14 pays d’Afrique subsaharienne partenaires pour développer des sociétés solaires innovantes, élargissant l’accès à une énergie moderne et propre pour 10 millions de personnes ;
  • renforcer son soutien à la plateforme d’investissement Energize Africa pour aider 1 500 nouveaux petits investisseurs britanniques à fournir le financement essentiel nécessaire pour connecter 125 000 Africains supplémentaires à une énergie solaire abordable, fiable et propre.

La ministre de l’Afrique, Harriett Baldwin, a déclaré que « L’industrie solaire africaine est dynamique et excitante, et a le potentiel de transformer la vie de millions de personnes qui vivent encore hors réseau.     En partageant le savoir-faire britannique, nous permettons à cette industrie de prospérer, en aidant les plus démunis à accéder à une énergie propre et durable, tout en ouvrant des opportunités pour les entreprises et les investissements britanniques. C’est une victoire pour les pays africains et une victoire pour le Royaume-Uni. »

Le secteur solaire innovant est dynamique et en plein essor dans certaines régions d’Afrique, mais la croissance des entreprises est souvent limitée par des obstacles tels que le manque de financement et de soutien aux entreprises, des tarifs élevés sur les composants essentiels, et manque d’installations d’élimination appropriées. Permettre à ces entreprises de se développer ne profite pas seulement à certains des ménages les plus pauvres avec un accès à l’énergie qui change la vie, mais crée des emplois et stimule les économies locales pour déclencher un développement économique durable à long terme.

Le renforcement du marché solaire en Afrique ouvre des possibilités pour l’industrie solaire pionnière du Royaume-Uni d’avoir accès au potentiel inexploité offert par les marchés africains. Sollatek, une entreprise basée à Slough, qui, travaillant en partenariat en Afrique et investissant via Energize Africa, est devenue l’un des principaux fournisseurs d’équipements électroniques spécialisés en Afrique de l’Est, en sont des exemples.

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Investir en Afrique : une bonne affaire et une stratégie d’entreprise viable

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Le moment idéal pour investir en Afrique, c’est maintenant. Pourtant, les investisseurs étrangers ne se ruent pas sur le continent comme on s’y serait attendu, parce que les décisions d’investir à l’étranger sont souvent structurées de façon méthodique et très minutieuse. Le niveau trop élevé du risque en est l’un des facteurs évoqués. Or le risque et le profit sont des frères siamois : les investissements à risque élevé sont souvent associés à des bénéfices plus importants.

L’Afrique est la région la plus rentable au monde. Un rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement indique qu’entre 2006 et 2011, l’Afrique a enregistré le taux le plus élevé de rendement des investissements directs étrangers, soit 14 %, à comparer aux taux de 9,1 % en Asie, 8,9 % dans la région Amérique latine et Caraïbes. Le taux à l’échelle mondiale est de 7,1 %. Les exemples d’entreprises qui réalisent de très juteux bénéfices en Afrique sont légion : en 2017, Sonatrach a enregistré, pour ses seules activités pétrolières et gazières, un chiffre d’affaires de 33,2 milliards de dollars EU ; le groupe MTN a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 10 milliards de dollars ; et le groupe Dangote a quant à lui affiché 4,1 milliards de dollars EU au compteur. Divers facteurs rendent les perspectives de rentabilité de l’Afrique plus radieuses et font qu’il est impératif pour les entreprises européennes, nord-américaines, asiatiques et latino-américaines d’investir sur le continent et de contribuer ainsi à son progrès socioéconomique.

Les perspectives de croissance économique en Afrique comptent parmi les plus prometteuses au monde. Six des 12 pays à plus forte croissance sur la planète se trouvent en Afrique (Éthiopie, Côte d’Ivoire, Mozambique, Tanzanie, République démocratique du Congo et Rwanda). Qui plus est, selon le FMI, entre 2018 et 2023, les perspectives de croissance de l’Afrique seront des plus intéressantes au monde. La bonne nouvelle est que les secteurs où les entreprises étrangères pourraient avoir un avantage comparatif, notamment la banque, les télécommunications et les infrastructures, font partie des moteurs de la croissance économique actuelle de l’Afrique — ce qui ouvre des possibilités d’investissement manifestes pour ces entreprises.

Face au vieillissement de la population de la plupart des autres régions du monde, la population de l’Afrique, jeune et en expansion, constitue un marché formidable. Selon les prévisions, la population du continent devrait quadrupler, passant de 1,19 milliard d’individus en 2015 à 4,39 milliards à l’horizon 2100. La seule année 2015 a vu 200 millions d’Africains faire leur entrée sur le marché des biens de consommation. L’optimisation d’un marché de cette taille qui est en plein essor appelle des mesures concrètes pour assurer la transformation structurelle de l’économie de l’Afrique.

La jeune population de l’Afrique contribue à l’abondance de main-d’œuvre, qui représente l’un des potentiels les plus importants pour une industrialisation à forte intensité de main-d’œuvre, et baisse les coûts de production, ce qui donne lieu à des bénéfices qui dépassent largement le coût de la conduite des affaires sur le continent. Le salaire horaire en Afrique est inférieur à 50 cents (il est par exemple de 0,27 dollar EU au Mozambique, 0,34 dollar EU au Nigéria et 1,62 dollar EU au Maroc), à comparer à 10,49 dollars EU au Royaume-Uni, 7,25 dollars EU aux États-Unis et 6,57 dollars EU au Japon. La participation d’un plus grand nombre d’entreprises étrangères peut contribuer à relever les salaires en Afrique, améliorer l’efficacité du marché du travail et générer des ressources supplémentaires au profit de ceux laissés sur la touche en raison de leur âge.

Les importantes réserves africaines de ressources naturelles font espérer un avenir prometteur pour le développement des chaînes de valeur. Les secteurs de l’agriculture et des industries extractives constituent la clé de voûte des chaînes de valeur nationales, régionales et mondiales. L’Afrique abrite 60 % des terres arables non cultivées dans le monde. En 2015, le continent a produit 13 % du pétrole mondial, contre 9 % en 1998. La croissance de la production de pétrole et de gaz naturel entre 1980 et 2012 a observé une tendance remarquable : la production de pétrole est passée de 53,4 milliards de barils à 130,3 milliards de barils ; et celle de gaz naturel de six billions de mètres cubes en 1980 à 14,5 billions de mètres cubes en 2012. En fin 2012, l’Afrique contrôlait également 53,9 % des ressources mondiales en diamants. En 2017, la République démocratique du Congo représentait à elle seule 58 % du cobalt mondial (une matière utilisée dans la production de composants électroniques) tandis qu’en 2016 l’Afrique du Sud s’arrogeait 69,6 % de la production mondiale de platine (utilisé dans la fabrication de convertisseurs catalytiques et d’autres produits). Le fait d’investir activement dans la valorisation de ces produits, entre autres activités extractives, déterminera les activités économiques mondiales des cinq prochaines décennies.

Enfin, les évolutions internes dans les différents pays donnent du crédit à l’idée que le programme de transformation économique de l’Afrique est effectivement en marche. Une plus grande prudence macroéconomique et l’amélioration de la gouvernance globale sont quelques-unes de ces évolutions. À titre d’exemple, l’Indice Ibrahim de la gouvernance africaine 2017 montre que l’indice global de gouvernance de l’Afrique s’est amélioré au rythme annuel de 1,4 % depuis 2007, soit une progression de plus de 5 % dans au moins 12 pays (notamment la Côte d’Ivoire, la Tunisie, le Rwanda et l’Éthiopie). Ces avancées contribuent à atténuer l’idée que de nombreux investisseurs se font du risque sur le continent.

Les gouvernements africains devraient s’appuyer sur cette tendance positive pour optimiser les investissements étrangers. Ce qui signifie, entre autres, éliminer la corruption ; améliorer la sécurité et la sûreté ; renforcer l’environnement macroéconomique ; investir dans une éducation de qualité et dans le développement des compétences en science, technologie et innovation ; et éviter le « syndrome du nivellement par le bas », qui consiste à accorder des exonérations et des dérogations fiscales inutiles aux sociétés étrangères.

Pour les investisseurs étrangers, investir en Afrique représente une bonne affaire et une stratégie d’entreprise viable. Les gouvernements et le secteur privé des pays avancés et des pays émergents devraient saisir au vol ces nouvelles opportunités d’investissement rentable. Une mesure essentielle pour attirer les IDE consiste à utiliser l’aide publique au développement pour tirer parti du climat d’investissement en Afrique et en éliminer les risques. L’opération de l’agence japonaise Nippon Export and Investment Insurance (NEXI) visant à assurer une unité de production au Ghana est une initiative louable qui devrait être poursuivie à une plus grande échelle et soutenue par d’autres acteurs.

La réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) en Afrique offre des possibilités d’investissement aux entreprises étrangères. Les bons exemples ne manquent pas : la technologie des moustiquaires de Sumitomo Chemical aide à lutter contre le paludisme ; la technologie de désalinisation de l’eau de mer de Sonatrach, JGC et Hitachi accélère l’accès à l’eau potable ; et l’assurance fondée sur des indices météorologiques de Commodity Risk Management Group et Sompo Japan Niponkoa contribue à atténuer les effets du changement climatique. En Afrique, chaque ODD offre des solutions commerciales et des possibilités d’investissement aux entreprises étrangères.

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) œuvre avec les gouvernements africains et les acteurs du secteur privé à l’élimination des risques et à l’amélioration du climat d’investissement sur le continent. Certains des efforts déployés par le PNUD portent sur l’élaboration de stratégies et la mise en place de pôles d’activité industriels, la promotion de zones économiques spéciales, l’élargissement de l’accès à l’énergie, la mobilisation et la sensibilisation en faveur du développement des chaînes de valeur dans les pays, et l’appui à la promotion des investissements par le biais de la Conférence internationale sur l’émergence de l’Afrique.

Le moment idéal pour investir en Afrique, c’est maintenant !


Par Ayodele Odusola, économiste en chef, Bureau régional du PNUD pour l’Afrique

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